Ma démarche

Au premier abord, ma peinture est fortement ancrée dans l'expression d'une gestuelle dynamique. L’utilisation d'une telle gestuelle me permet de mettre de l'avant les réalités qui sont propres à la peinture soit sa couleur, sa matérialité ainsi que son articulation dans l'espace. 

 


Deuxièmement ,j'arrive à l'obtention de tels résultats grâce à mes recherches dans le champ de l'automatisation de l'application picturale. C'est à l'aide d'engins que je fabrique, qui me permettent d'appliquer la peinture de façon aléatoire, que j'arrive selon moi, à une expression pure de la peinture. Par expression pure, j'entends que ma façon de créer limite l’impact, l'implication de mon geste à un minimum se faisant la peinture est totalement libre de s'exprimer d'elle-même, dans des réalités langagières et sensibles qui lui son propre. Certes un geste de ma part est nécessaire enfin d'engager la projection de la peinture sur le tableau, mais l'utilisation de mes engins réduit grandement leur impact et leur importance pour laisser le plus de place possible à la peinture de s'exprimer. Cette autoréférentialité presque totale se retrouve alors à exposer une des spécificités langagières de la peinture : sa nature liquide. L'évocation de cette nature liquide du matériau a pour but de confronter directement le spectateur à cet aspect matériel primaire de la peinture qu'on tend à oublier, principalement parce qu'il est presque toujours sublimé.

 


Un autre point de questionnement de ma recherche est l'utilisation de l'espace pictural pour permettre l'expression d'un troisième niveau de profondeur dans celui-ci. Par cela, j'entends que traditionnellement la peinture s'est concentrée sur seulement deux types d'espaces picturaux soit la profondeur dans le tableau ainsi que l'espace plat. Mais quand est-il de l'espace à l'avant du tableau ? Est-il possible d'exprimer ou même d'occuper celui-ci ? C'est précisément cet espace que je cherche à exprimer, à saisir. Pour ce faire, j'utilise des fonds souvent unis qui contrastent avec les formes. Ce faisant, celles-ci se retrouvent poussées, rabattues dans un espace qui semble être à l'avant de l'objet plutôt que sur ou dans celui-ci. De plus, l'utilisation de projections dynamiques qui créent une impression de mouvance dans les formes (concentrique, explosive, etc.) aide au dévoilement de ce phénomène d'occupation de l'espace avant du tableau.